CHAPITRE QUATRE

 

LA PLUS SOMBRE PERIODE DE SA VIE

 

 

 

               

Son mariage - Juin 1934

 

 

                Quand j'eus environ vingt-deux ans, je rencontrai une fille qui allait à l'église luthérienne allemande. Son nom était Brumbach. Elle ne buvait ni ne fumait, elle ne dansait pas non plus, une gentille fille. Je la fréquentai un certain temps. J'avais gagné assez d'argent pour pouvoir m'acheter une vieille Ford et nous sortions ensemble. A cette époque, il n'y avait pas d'église luthérienne à proximité et ils avaient déménagés là depuis Hoeard Park. Je n'ai jamais fait partie de cette église, mais j'aimais y aller avec elle parce que ma principale pensée était "d'être avec elle", je ferais bien d'être honnête.

                Elle était d'une bonne famille et je commençai à me dire: "Tu sais, tu ne devrais pas prendre le temps de cette fille". Il n'y avait pas moyen pour moi de pouvoir gagner ma vie pour une fille comme cela, qui avait été habituée à une belle maison avec des tapis sur les planchers.

                Je m'étais mis dans l'idée, soit de lui demander de se marier avec moi, soit de m'en aller et de la laisser se marier avec quelqu'un qui serait bon avec elle, qui pourrait la faire vivre. Je ne gagnais que vingt cents de l'heure. Aussi je ne pouvais pas lui offrir de bons moyens d'existence. Papa, ayant perdu la santé, je devais m'occuper de toute la famille, prendre soin d'eux., et aussi je passai un mauvais moment.

                Je pensai: "Si quelqu'un peut la prendre et se marier avec elle, lui faire un joli foyer, même si je ne peux l'épouser, je saurai qu'elle est heureuse".

                Je pensai: "Mais je ne peux vraiment pas l'abandonner". Et j'étais dans une situation affreuse. Et jour après jour, je pensai à cela. Aussi j'étais trop timide pour lui demander de m'épouser. Chaque nuit, je me disais en pensée: "Je vais lui demander".

                J'avais un peu peur de sa mère. Elle était plutôt brusque. Mais son père était un vieil hollandais aimable. Il était organisateur de la Fraternité des conducteurs de trains sur le chemin de fer, se faisant à l'époque environ cinq cents dollars par mois. Et moi, gagnant vingt cents de l'heure! Epouser sa fille! Oh! je savais que ça ne marcherait jamais.

                Et sa mère était une gentille dame mais hautaine, un peu comme ces sortes de gens de la haute société, voyez-vous, et ainsi elle n'avait pas besoin de moi de toutes façons. J'étais seulement un campagnard de la plaine des lauriers et elle pensait que Hope devrait sortir avec un garçon d'une classe meilleure.

                Aussi pensai-je: "Eh bien, maintenant, je ne sais pas comment. Je ne peux pas demander à son papa et je suis sûr que je n'irai pas le demander à sa mère. Ainsi je dois le demander à Hope d'abord". Ainsi, j'écrivis une lettre. Et ce matin-là, sur le chemin du travail, je la glissai dans la boîte aux lettres. Nous allions à l'église le mercredi soir, et c'était le lundi matin. J'essayai tout le dimanche de lui dire que je désirais me marier, et je n'arrivais vraiment pas à avoir assez de courage.

                Au travail, ce jour-là, il m'arriva de penser: "Que se passera-t-il si sa mère se saisit de cette lettre?". Alors je pensai que j'étais perdu si jamais elle s'en saisissait parce qu'elle n'avait pas beaucoup d'égards pour moi.

                Et ce mercredi soir, quand je vins, oh la la! Je pensai: "Comment vais-je aller là-bas? Si sa mère s'est emparée de ma lettre, elle va vraiment m'envoyer promener". Je l'avais adressée à Hope. Et je pensai peut-être qu'elle ne l'avait pas trouvée.

                Aussi, je pensai qu'il valait mieux ne pas demeurer dehors et actionner l'avertisseur pour la faire sortir... Et un garçon qui n'a pas assez de courage pour marcher vers la maison, frapper à la porte et demander la fille n'a plus rien à faire avec elle de toute façon. C'est tout à fait vrai. C'est idiot. C'est méprisable.

Frère Branham et Monsieur Bumback, père de Hope

                Et alors, j'arrêtai ma vieille Ford, voyez-vous, je l'avais très bien astiquée. Je montai et je frappai à la porte. Oh! pitié, ce fut sa mère qui vint à la porte, et je parvins à peine à contrôler ma respiration. Je dis: "Comment-comment-comment allez-vous, Madame Brumbach?".

                Elle me dit: "Comment vas-tu, William?".

                Je pensai: "Oh-oh, "William!".

                Et elle me dit alors: "Veux-tu rentrer?".

                Je répondis: "Merci". Je franchis la porte et je dis: "Est-ce que Hope est bientôt prête?".

                Et alors juste à ce moment-là, Hope est arrivée en sautillant à travers la maison, elle n'était qu'une jeune fille d'environ seize ans. Et elle me dit: "Hello, Billy"(1).

                Et je dis: "Bonjour, Hope. Es-tu bientôt prête pour aller à l'église?".

                Elle me dit: "Juste une minute".

                Et je pensai: "Oh la la! Hope ne l'a pas trouvée non plus, ainsi ce sera très bien, parce qu'elle m'en aurait parlé".

                A la sortie de l'église, il m'arriva de penser: "Et si elle l'avait quand même trouvée? Et si elle garde ça pour elle, et qu'elle aille réellement me rabrouer en sortant d'ici pour lui avoir demandé cela". Et je ne pouvais pas entendre ce que le frère Davis disait. Je ne pouvais pas supporter de l'abandonner, le dénouement allait sûrement venir.

                Ainsi après l'église, nous descendîmes la rue en marchant ensemble pour retourner à la maison. Et comme nous marchions vers la vieille Ford, et que la lune brillait très fort, je regardai Hope et je pensai: "Oh! combien j'aimerais l'avoir! Mais je crois que c'est impossible".

                Je dis: "Comment te sens-tu ce soir?".

                Elle me dit: "Je vais très bien".

                Nous avons arrêté la vieille Ford et nous sommes montés à la maison. Je pensai: "Femme, dis-moi quelque chose, réprimande-moi ou dis-moi ce que tu penses".

                Et je dis: "L'as-tu lue?".

                Elle me dit: "Uh-huh".

                "L'as-tu lue en entier?".

                "Uh-huh".

                Nous étions presque à la porte et je restais dans l'attente. Et elle me dit: "Billy, ça me plairait beaucoup. Je t'aime. Je pense que nous devrions le dire à nos parents. Nos parents devraient le savoir, ne penses-tu pas?".

                Et je dis: "Chérie, écoute, commençons cela par un arrangement moitié-moitié. Je le dirai à ton père si tu le dis à ta mère", lui laissant la plus mauvaise part pour commencer.

                Elle dit: "Très bien, si tu le dis à papa pour commencer".

                "D'accord, je lui dirai dimanche soir".

                Et le dimanche soir arriva, je la ramenai de l'église à la maison. Elle n'arrêtait pas de me regarder. Je regardai l'heure et il était neuf heures trente, c'était l'heure pour moi d'y aller. Charlie était assis à son bureau, tapant à la machine. Et madame Brumbach, assise dans un autre coin, faisait du crochet. Hope continuait à me regarder, et elle fronça les sourcils en me regardant et en me faisant signe en direction de son papa. Je pensai: "Qu'en sera-t-il s'il me dit non?". Aussi je me dirigeai vers la porte et je dis: "Je crois que je ferais mieux de m'en aller".

                Elle était toujours venue vers la porte pour me dire bonsoir. J'allai vers la porte et elle me dit: "Est-ce que tu ne vas pas lui dire?".

                Je dis: "Je suis en train d'essayer mais je-je-je-je ne sais pas comment faire".

                Et elle dit: "je vais simplement rentrer et tu l'appelles dehors". Ainsi elle entra et me laissa debout là.

                Je dis: "Charlie".

                Il se retourna et me dit: "Oui Billy?".

                je dis: "Pourrais-je vous parler juste une minute?".

                Il dit: "Bien sûr". Il retourna à son bureau, madame Brumbach le regarda, regarda Hope, et me regarda.

                Je dis: "Voudriez-vous venir sous le porche?".

                Il dit: "Oui, j'arrive". Et il se dirigea vers le porche.

                Je dis: "C'est certainement une belle soirée, n'est-ce pas?".

                Il dit: "Oui, en effet, c'est une belle soirée".

                Je dis: "Il fait bien chaud".

                "Oui, c'est vrai", il me regarda.

                Je dis: "J'ai travaillé si dur, vous voyez, même mes mains ont des ampoules".

                Il dit: "Tu peux la prendre, Bill".

                "Voulez-vous réellement dire cela? Ecoutez, je sais qu'elle est votre fille et vous avez de l'argent".

                Il s'approcha de moi et me prit la main. Il me dit: "Bill, écoute, l'argent n'est pas tout ce qu'il y a dans la vie".

                Je dis: "Charlie, je gagne seulement vingt cents de l'heure, mais je l'aime et elle m'aime... Et je vous promets que je travaillerai jusqu'à ce que ces ampoules s'arrachent de mes mains pour lui procurer de quoi vivre. Je serai aussi loyal envers elle que je peux l'être.

                "Je le crois, Bill". Et il ajouta: "Ecoute, Bill, je veux te dire quelque chose. Tu sais le bonheur, il ne suffit pas seulement d'avoir de l'argent pour être heureux. Sois seulement bon envers elle et je sais que tu le seras".

                Je dis: "Merci Charlie. Certainement que je le serai".

                Et alors ce fut à son tour de le dire à sa mère, je ne sais comment elle le fit, mais nous nous mariâmes.

                Et quand nous fûmes mariés, nous n'avions rien, rien pour notre ménage. Je pense que nous avions seulement deux ou trois dollars. Nous avons loué une maison et cela nous coûtait quatre dollars par mois. C'était une vieille maison de deux pièces, et quelqu'un nous avait donné un vieux lit pliant. J'achetai à crédit une petite table avec quatre chaises qui n'étaient même pas peintes. J'allai aussi chez monsieur Weber, un marchand de ferraille, et je lui achetai un fourneau pour la cuisine que je payai soixante-quinze cents et je payai environ un dollar pour les grilles à l'intérieur. (2)

                Nous n'avions pas beaucoup des richesses de ce monde. Je me souviens qu'une fois, j'ai dit à ma femme que je devrais demander à l'église de me donner une offrande pour nous aider à payer nos dettes. Avant cette fois-là, je n'avais jamais prélevé une offrande dans mon église. Ce dimanche soir-là, je demandai à un ancien de prendre son chapeau et de prélever l'offrande. Mais après que j'eus annoncé ce que j'allais en faire, je vis ma vieille mère ouvrir sa bourse et prendre de l'argent provenant de sa retraite. Oh! Je n'eus pas le coeur d'accepter son argent. Alors je retournai en chaire et leur annonçai que j'avais juste fait semblant pour savoir s'ils le feraient vraiment. Plus tard, un membre de l'église me donna une vieille bicyclette que j'ai repeinte et vendue.

                Deux années après cela, nous eûmes un petit garçon. Sa naissance nous a liés l'un à l'autre encore davantage. Quand je l'ai entendu pleurer la première fois à l'hôpital, quelque chose me dit que c'était un garçon. Je déclarai: "Seigneur, voici Ton garçon". Je l'appellerai Billy en souvenir de son père, et Paul en l'honneur de la Bible. Son nom sera Billy Paul"(3).*

*Naissance de Billy Paul: vendredi 13 septembre 1935.

 

                

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Je me souviens, nous travaillions ensemble. Elle travaillait dans une usine de chemises, essayant d'aider à gagner de quoi vivre et je prêchais tous les soirs. Toute la journée je travaillais dans les fossés et quelquefois, quand je revenais à la maison, le soir, mes mains calleuses étaient gelées et souvent elles saignaient. Hope s'asseyait et me bandait les mains avant que je parte pour l'église.

                Ensuite, elle me dit qu'elle voulait que je prenne des vacances. Elle avait économisé environ douze dollars et elle voulait que j'aille faire une petite tournée de pêche. "Très bien", lui dis-je, "mais tu ne veux pas aller à la pêche, toi aussi?".

                "Non", répondit-elle, "j'aimerais mieux rester ici pour l'école biblique cet été".

                Ainsi je suis monté au lac Pawpaw dans le Michigan juste au-dessus de l'Indiana, avec un vieil ami ministre. Mon argent ne dura pas très longtemps et je dus revenir. (1)

 

 

Première rencontre avec les Pentecôtistes

 

 

                En revenant du lac, entre Mishawaka et South Bend dans l'Indiana, je remarquai qu'il y avait des voitures avec des enseignes à l'arrière "Jésus seul". Je pensai: "Cela paraît étrange". Il y en avait partout, sur les bicyclettes, les Ford, sur les Cadillac, et autres, "Jésus seul". Et je suivis quelques-unes d'entre elles qui arrivèrent à une grande église. Je découvris alors qu'ils étaient des Pentecôtistes.

                J'avais entendu parler des Pentecôtistes, "mais ils étaient un groupe de saints comédiens qui se roulaient par terre en écumant de la bouche", et toutes sortes de choses que l'on m'avait dites à leur sujet. Je ne voulais rien avoir à faire avec cela.

                J'entrai, je regardai autour de moi et tous ceux qui pouvaient se tenir debout étaient debout. Je devais regarder par-dessus leurs têtes. Et ils criaient, sautaient, tombaient et s'agitaient. Je pensai: "Whew, hum, quelle sorte de gens est-ce?".

                Mais plus je restais, mieux je me sentais. "Cela semble vraiment bon. Eh bien, il n'y a rien de mal chez ces gens. Ils ne sont pas fous". Je pus parler à quelques-uns d'entre eux, c'étaient des gens bien.

                J'écoutai quelques-uns de leurs enseignants. Ils enseignaient sur Jésus et combien Il est grand, et combien sont grandes toutes choses, et à propos d'un "baptême du Saint-Esprit". Je pensai: "De quoi parlent-ils donc?".

                Assis à cette réunion ce soir-là, quand ils chantaient leurs cantiques, ils frappaient des mains. Ils chantaient ce petit chant: "Je sais que c'est le Sang, je sais que c'est le Sang". Et ils couraient par les bas-côtés et tout, et ils criaient et louaient le Seigneur. Je pensai: "Cela me paraît très bon".

                Et ils faisaient toujours référence à Actes 2:4, Actes 2:38, Actes 10:49. Je pensai: "Voyons, c'est bien l'Écriture. Seulement, je ne L'avais jamais vue comme cela auparavant". Mais oh! mon coeur brûlait.

                Et après un moment, quelqu'un sauta et commença à parler en langues. Je n'avais jamais entendu une telle chose de ma vie. Et voici qu'une femme vint en traversant l'assemblée, elle courait aussi vite qu'elle pouvait. Et alors, eux tous se levèrent et commencèrent à courir, et je pensai: "Eh bien, ils n'ont certainement pas des manières d'église ici". Et cela continua. Je pensai: "Je vais les supporter encore quelques moments. Si quelque chose d'insensé commence, je pourrai sortir par la porte en courant. Je sais où ma voiture est garée, juste au coin".

                Je commençai à écouter quelques-uns de leurs prédicateurs, des docteurs et des étudiants. "Eh bien" pensai-je, "c'est très bien".

                Alors vint l'heure du souper et ils dirent: "Tout le monde, venez souper!". Mais je pensai: "J'ai seulement un dollar et soixante-quinze cents pour rentrer à la maison".

                Je restai pour la réunion du soir. Ils dirent: "Tous les prédicateurs, sans considération de dénomination, montez sur l'estrade". Il y avait là environ deux cents d'entre nous, et j'y allai. Il dit: "Maintenant, nous n'avons pas le temps pour que vous prêchiez tous. Venez et dites simplement qui vous êtes et d'où vous venez".

                Puis vint mon tour, et je dis: "William Branham, Baptiste, Jeffersonville, Indiana". Et je passai.

                J'avais entendu tous les autres s'appeler: "Pentecôtiste, Pentecôtiste, Pentecôtiste, P.A.J.C., P.A.W..."

                Je pensai: "Eh bien, je crois que je suis le 'vilain petit canard' parmi eux".. Alors je m'assis et attendis.

                Et ce jour-là, ils avaient de très bons jeunes prédicateurs qui prêchaient avec puissance. Et ensuite ils dirent: "Celui qui va nous apporter le message ce soir, c'est...". Et je crois qu'ils l'appelèrent "Ancien". Et leurs ministres, au lieu de "Révérend" on les appelait "Ancien". Ils firent venir là un vieil homme de couleur qui avait un de ces manteaux de prédicateur à l'ancienne mode. Il avait juste une petite couronne de cheveux blancs sur la tête, ce brave homme. Et alors que les autres prédicateurs avaient prêché sur Jésus et combien Il est grand, et ainsi de suite, ce vieil homme prit son texte dans Job. Où étais-tu quand je posais les fondements de la terreou quand les étoiles du matin chantaient ensemble et les Fils de Dieu criaient de joie?

                Ce pauvre vieux compagnon, je pensai: "Pourquoi n'ont-ils pas pris ces jeunes gars pour prêcher? La salle était pleine de gens entassés et serrés.

                Alors ce vieux compagnon, au lieu de prêcher sur ce qui se passait sur la terre, il commença à prêcher sur ce qui se passait dans les cieux tout le temps. Il parla de Lui, au commencement des temps, et il L'amena jusqu'à Sa seconde venue dans l'arc-en-ciel horizontal. Je n'avais jamais entendu une telle prédication de ma vie. Et à ce moment, l'Esprit le frappa, et il sauta, il claqua ses talons, rejeta ses épaules en arrière et il sauta en bas de la plate-forme et dit: "Vous n'avez pas assez de place pour moi ici pour prêcher".

                Je pensai: "Si Cela peut faire agir un vieil homme comme ceci, alors qu'est-ce que Cela fera si Cela vient sur moi? Peut-être ai-je besoin d'un peu de Cela". Quand il monta sur l'estrade, je me sentis en peine pour ce vieux compagnon. Mais quand il en descendit, je me sentis en peine pour moi-même.

                Je partis dormir dans un champ de blé. J'achetai tout un paquet de pains roulés pour cinq sous. Il y avait là-bas une bouche d'incendie où je pris de l'eau. Je mis là mon pantalon de coutil, pressé entre les deux sièges.

                Et ce soir-là, je priai presque toute la nuit. Je dis: "Seigneur dans quoi me suis-je trouvé? De ma vie, je n'ai jamais vu des gens si religieux. Aide-moi à savoir ce qu'il en est de Cela".

                Et le matin suivant, ils nous invitèrent pour le déjeuner. Bien sûr, je ne voulais pas aller manger avec eux parce que je n'avais rien pour mettre dans l'offrande. Quand je revins, ils avaient placé un microphone. Je n'avais jamais vu de microphone auparavant, et j'étais effrayé par cette chose-là. Et on disait: "Hier soir, il y avait ici sur l'estrade un jeune prédicateur, un Baptiste. C'était le plus jeune prédicateur sur l'estrade. Son nom était Branham. Est-ce que quelqu'un le connaît? Dites-lui de venir. Nous désirons qu'il nous apporte le message de ce matin.

                Je compris que cela allait être difficile pour moi, un Baptiste parmi ce groupe. Aussi, j'essayai de disparaître dans mon siège et j'avais mon pantalon de coutil et mon t-shirt, et on portait des vêtements cléricaux. Alors on appela deux ou trois fois. Et j'étais assis près d'un frère de couleur.

                La raison pour laquelle ils faisaient leur convention dans le Nord, c'est parce qu'il y avait la ségrégation dans le Sud. Aussi ils ne pouvaient pas la faire dans le Sud.

                Alors je me demandais ce que c'était que ce "Jésus Seul". Je pensai: "Aussi longtemps que c'est Jésus, c'est très bien".

                On appela encore deux ou trois fois. Et ce frère de couleur me regarda et dit: "Le connaissez-vous?". La minute de vérité était là. Je ne pouvais pas mentir à cet homme. Je ne le désirais pas non plus.

                Je dis: "Voyez, frère. Oui, je le connais".

                Il dit: "Eh bien, allez le chercher".

                Je dis: "Je vais vous dire, frère, c'est moi, mais voyez-vous regardez ces pantalons de coutil".

                Il me dit: "Allez-vous-en là-bas".

                Je dis: "Non, je ne peux pas aller là-bas habillé de ces pantalons".

                Il dit: "Ces gens ne font pas attention comment vous êtes habillé".

                On dit: "Quelqu'un sait-il où se trouve William Branham?".

                Il dit: "Il est là! Il est là!".

                On me dit: "Montez ici, Monsieur Branham, nous désirons que vous apportiez le message". Oh là là! Devant tous ces prédicateurs. Je m'approchai en me glissant, le visage rouge et les oreilles me brûlant. Un prédicateur baptiste montant vers le micro, alors que je n'en avais jamais vu auparavant.

                J'étais hésitant, vraiment nerveux. Et j'ouvris ma Bible autour de Luc 16 et j'abordai mon sujet: "Et étant en enfer, il leva les yeux et pleura". Et comme je commençai à prêcher, je me sentis un peu mieux. Je dis: "L'homme riche était en enfer, et il pleura. Il n'y avait pas d'enfants là, en enfer, et il pleura". Et je dis: "Il n'y a pas de fleurs là. Alors il pleura". Je dis: "Il n'y a pas de Dieu là. Alors il pleura. Il n'y a pas de Christ là. Alors il pleura". Alors je pleurai. Quelque chose se saisit de moi. Après, je ne sais pas ce qui se passa. Quand je revins à moi-même en quelque sorte, je me trouvais à l'extérieur. Ces gens hurlaient et criaient et pleuraient, et nous vécûmes un moment impressionnant.

                Quand je fus à l'extérieur, un individu avec un énorme chapeau de cow-boy et de grandes bottes vint vers moi et me dit: "Je suis l'Ancien Untel". Un prédicateur avec des vêtements et des bottes de cow-boy.

                Je pensai: "Eh bien, mes pantalons de coutil ne font pas si mal que cela, dans le fond".

                Il me dit: "Je voudrais que vous veniez au Texas et que vous teniez des réunions de réveil".

                "Uh-hum, laissez-moi noter cela, monsieur". Et je le notai comme cela.

                Voici que vint un autre individu avec un de ces petits pantalons de golf avec lesquels on joue habituellement au golf, vous savez, ces pantalons bouffants. Il me dit: "Je suis l'Ancien Untel de Miami. Vous me plaisez".

                Je pensai: "Eh bien, peut-être que l'habillement n'a pas beaucoup d'importance". Et je le regardai et je pensai: "C'est bon". Ainsi je notai ces choses-là. (2)

                Il y avait une chose que je ne pouvais pas comprendre et qui me troublait, c'était ce parler en langue. Il y avait un homme assis là et un autre là-bas, et ils étaient les conducteurs du groupe. Celui-ci se levait et parlait en langues, celui-là interprétait et il disait des choses au sujet de la réunion, vice versa, et chacun parlait en langues et interprétait. Le reste de l'Eglise parlait aussi, mais il ne semblait pas que l'interprétation venait comme à ces deux hommes. Je pensai: "Oh là là! ils doivent être des anges!".

                Quoi que ce fut que je ne pus comprendre, Cela venait sur moi. J'ai un moyen de connaître les choses si le Seigneur veut me les faire connaître. Voyez-vous? C'est à cela que sert le don.

                Je pensai: "Eh bien, je vais m'approcher d'eux". Et j'avais si peur de ces gens, je pensai: "Je découvrirai ce qu'il en est de ces hommes". Et à l'extérieur dans la cour, je n'arrêtais pas de les chercher, après que le service fut terminé. Je cherchais tout autour. Je trouvai l'un d'eux. Je dis: "Bonjour monsieur".

                Il répondit: "Bonjour. Etes-vous ce jeune prédicateur qui avez prêché ce matin?".

                "Oui monsieur". Je pensai: "Eh bien, si je peux seulement entrer en contact avec son esprit maintenant".

                Je dis: "Vous, les gens d'ici, vous avez quelque chose que je n'ai pas".

                Il dit: "Avez-vous reçu le Saint-Esprit depuis que vous avez cru?".

                Je dis: "Bien, je suis baptiste".

                Il me dit: "Mais avez-vous reçu le Saint-Esprit depuis que vous avez cru?".

                Et je dis: "Eh bien, frère, que voulez-vous dire? Je n'ai pas ce que vous avez tous. Cela je le sais parce que vous avez quelque chose qui semble être puissant".

                Il dit: "Avez-vous déjà parlé en langues?".

                "Non, monsieur".

                "Alors, je vous dirai tout de suite que vous n'avez pas le Saint-Esprit".

                Je dis: "Si c'est ce qu'il faut pour avoir le Saint-Esprit, alors je ne L'ai pas".

                Il ajouta: "Eh bien, si vous n'avez pas parlé en langues, vous ne L'avez pas".

                Et poursuivant la conversation de cette façon, je dis: "Eh bien, où puis-je Le recevoir?".

                Il dit: "Entrez dans cette pièce-là et commencez à rechercher le Saint-Esprit".

                Et je continuais à observer, vous savez. Il ne savait pas ce que je faisais, je savais qu'il avait un sentiment un peu étrange, car ses yeux commencèrent à devenir un peu vitreux comme il me regardait. C'était absolument un chrétien à cent pour cent. C'est vrai.. "Eh bien" pensai-je, "Loué soit Dieu, Le voici. Il faut que je trouve cet untel quelque part".

                Je sortis, regardai tout autour, je pensai: "Je trouverai bien l'autre homme". Quand je le trouvai et commençai à lui parler, il dit: "Dites, à quelle église appartenez-vous? On m'a dit que vous étiez baptiste".

                "Oui".

                Il me demanda: "Vous n'avez pas encore reçu le Saint-Esprit, n'est-ce pas?".

                Je dis: "Eh bien, je ne sais pas".

                Il dit: "Avez-vous déjà parlé en langues?".

                Je répondis: "Non, monsieur".

                "Alors vous ne L'avez pas".

                Et je dis: "Eh bien, je sais que je n'ai pas ce que vous avez tous. Je sais cela. Mais mon frère, je Le désire réellement".

                Il dit: "Voici la piscine toute prête".

                Je dis: "J'ai été baptisé mais je n'ai pas reçu ce que vous avez. Vous avez quelque chose que je désire réellement".

                Et il dit: "Eh bien, c'est très bon".

                J'essayais de l'attraper. Quand je saisis finalement son esprit, si jamais j'ai parlé à un parfait hypocrite, c'en était un! Sa femme était une femme aux cheveux bruns, il vivait avec une blonde et il avait d'elle deux enfants. Il buvait, jurait, courait les tavernes, et toutes sortes d'autres choses, et cependant, à l'intérieur il parlait en langues et il prophétisait.

                Alors je dis: "Seigneur, pardonne-moi". Je rentrai à la maison. Je ne pouvais pas comprendre cela. Il me semblait que c'était le Saint-Esprit béni qui tombait, et sur cet hypocrite. Je pensai: "Cela ne se peut pas, c'est tout".

                Ensuite, pendant cette longue période, j'étudiais et je pleurais. Je pensais que si je pouvais aller avec eux, je finirais peut-être par découvrir de quoi il s'agit. Voici un véritable chrétien; et l'autre, un vrai hypocrite. Alors je pensai: "Qu'en est-il? Oh!". Je dis: "Dieu, peut-être y a-t-il quelque chose de faux en moi". Et je dis, étant fondamentaliste: "Cela doit être dans l'Écriture. Cela doit y être". (3)

                Je rentrai à la maison. Ma femme vint à ma rencontre et me dit: "Pourquoi parais-tu si heureux, Billy?".

                "Oh, j'ai rencontré la fleur de la récolte. C'est le meilleur que tu aies jamais vu. Ces gens-là n'ont pas honte de leur religion. Regarde chérie, tout un paquet d'invitations de ces gens-là!".

                Elle me dit: "Ne sont-ils pas ces saints comédiens?".

                Je répondis: "Je ne sais pas quelle sorte de comédiens ils sont, mais ils ont Quelque chose dont j'ai besoin. Je suis certain de cela. J'ai vu un vieil homme de quatre-vingt-dix ans redevenir jeune. Je n'avais jamais entendu une telle prédication de ma vie. Je n'ai jamais vu un baptiste prêcher comme cela. Ils prêchent jusqu'à ce qu'ils en perdent le souffle et que leurs genoux touchent le sol. Et ils se relèvent, reprennent leur souffle. Tu peux les entendre prêcher depuis deux pâtés de maisons plus loin. Un parle dans une langue inconnue, et un autre dit ce à propos de quoi il parle. Je n'ai jamais rien entendu de tel de ma vie. Viendras-tu avec moi?".

                Elle dit: "Chéri, quand je t'ai épousé, je me suis unie avec toi jusqu'à ce que la mort nous sépare. J'irai. Maintenant, nous le dirons à nos parents".

                Je dis: "Eh bien, tu le diras à ta mère et je le dirai à ma mère".

                Maman dit: "Eh bien, c'est sûr Billy. Quoi que ce soit que le Seigneur te demande de faire, fais-le".

                Ma femme parla à sa mère et elle lui répondit qu'elle la ferait descendre dans sa tombe le coeur brisé si Hope allait avec moi.

                Et alors, Madame Brumbach, me demanda de venir. J'y allai. Elle me dit: "De quoi parles-tu donc?".

                Je dis: "Oh, Madame Brumbach, mais vous n'avez jamais vu de telles personnes".

                Elle me dit: "Du calme! Du calme!".

                "Oui, madame. Excusez-moi".

                Et elle dit: "Sais-tu que c'est un groupe de saints comédiens?".

                Je dis: "Non, madame, je ne le savais pas. Ils sont certainement des gens très bien".

                Elle dit: "Quelle idée! Crois-tu que tu vas entraîner ma fille parmi des gens de cette espèce! C'est ridicule! Ce n'est que le rebut que les autres églises ont rejeté. Vraiment! Tu n'emmèneras pas ma fille dans ces choses-là!".

                Et je dis: "Mais vous savez, Madame Brumbach, au plus profond de mon coeur, je sens que le Seigneur veut que j'aille avec ces gens-là".

                Elle dit: "Retourne dans ton église jusqu'à ce qu'il puissent te donner une paroisse et agis comme un homme qui a du bon sens. Tu n'emmèneras pas ma fille là-bas".

                "Oui, madame". Je me retournais et sortis.

                Et Hope commença à pleurer. Elle sortit et me dit: "Billy, peu importe ce que dit maman, j'irai avec toi". Mais je décidai que c'était mieux de ne pas y aller. Et ainsi, je laissai tout tomber. Ce fut la pire erreur que je fis dans ma vie. (2)

                Amis, je voudrais que ce qui suit serve à votre instruction. Des parents et des amis me détournèrent d'accepter ce que je savais être l'appel de Dieu. Certains traitaient de "gens de rien" les personnes ayant participé à cette convention. Plus tard, je compris, et je le dis avec respect, que ceux que l'on avait traité de "rebuts" étaient la fleur de la moisson; Il me fut dit que ma femme n'aurait, un jour, pas à manger en suffisance, que le lendemain, elle serait dans la disette. D'autres estimaient que ma place était de rester dans ma ville et de m'occuper de l'oeuvre de Jeffersonville.

                Et c'est là que mes problèmes commencèrent. J'écoutai ce qu'une femme avait à dire plutôt que d'écouter ce que Dieu avait à dire. Et en l'espace de dix-huit mois, je perdis mon père, mon frère, ma belle-soeur, ma femme, ma fille et presque ma propre vie. Je ne l'oublierai jamais.

                Durant ce temps, je travaillais comme garde-chasse pour l'Etat de l'Indiana. Les revenus provenant de cet emploi étaient en fonction des arrestations que je faisais. Mais je n'ai jamais fait d'arrestations. Au lieu de cela, je m'asseyais et parlais avec les coupables du savoir-vivre d'un vrai sportif parce que je sentais que cela produisait plus d'effets que les amendes que j'aurais pu imposer.

                Durant ce temps-là, notre petite fille Sharon Rose vint au monde. Je voulais lui donner un nom biblique. Je ne pouvais pas l'appeler Rose de Saron d'après Jésus-Christ, ainsi je l'appelai Sharon Rose. Nous vivions dans une vieille petite maison. Je me souviens, je rentrais à la maison le soir et elle était assise dehors dans la cour, et comme je tournais le coin , je touchais la sirène de l'auto que j'utilisais comme garde-chasse. Elle savait que j'arrivais et elle disait: "goo, goo, goo". Alors elle me tendait les bras pour que je la prenne et la caresse.

                Peu de temps après cela, ma femme tomba malade d'une infection pulmonaire. Ensuite, mon frère fut tué pendant que je prêchais dans une petite église pentecôtiste pour Noirs. On vint me dire: "Votre frère vient d'être tué sur la grand-route". Alors que j'allai le ramasser, je vis son propre sang couler sur ma chemise.

                A peine l'avais-je enseveli que mon père, à l'âge de cinquante-deux ans, eut une crise cardiaque et une heure plus tard, il mourut dans mes bras. Juste quelques jours avant qu'il meure, il était dans un saloon et quelqu'un lui a demandé de prendre un verre. Il prit le verre mais commença à trembler. Le déposant il commença à pleurer et parla de son fils qui prêchait. Il alla jusqu'à dire que durant toutes ces années il avait marché dans la mauvaise voie et que son fils avait raison. Il ajouta: "Parce que je suis un ivrogne, ne laissez pas cela se refléter sur mes fils. C'est mon dernier verre, je ne boirai plus jamais de ma vie". Il prit alors son verre et essaya d'en boire le contenu mais le recracha. Il pleura encore, prit son chapeau et s'en alla. Cet incident me fut raconté par un agent d'assurances que je conduisis au Seigneur par la suite. Juste avant de mourir, mon père donna son coeur au Seigneur.

                Alors ma belle-soeur mourut dans sa propre maison. Toutes choses ne semblaient plus aller même dans mon église. La voie du transgresseur est dure. Et je continuai à diminuer. Tout allait mal. Je ne savais plus que faire. L'onction divine qui était descendue sur moi m'abandonna et ne revint pas vraiment jusqu'au jour où l'Ange me rencontra en 1946. Mon église, prospère jusque là, commença à décliner. Alors débuta la plus sombre période de ma vie. Tout cela fut la conséquence de ne pas avoir fait ce que je savais être la volonté de Dieu. (1)

 

 

La grande inondation de l'Ohio - 1937

 

 

                L'hiver 1937 fut difficile dans tout le pays. Alors que la neige ensevelissait l'Ouest, la pluie qui tomba pendant plusieurs semaines inonda l'Est. Jeffersonville, situé sur la rive nord de l'Ohio, se prépara et fortifia ses digues, car on savait bien que la moindre brèche dans ses murs aurait des conséquences des plus redoutables.

 

                De tous les habitants de la ville, ce fut William Branham qui réalisa tout particulièrement l'urgence de la situation, car Dieu lui avait fait connaître dans une vision six mois auparavant l'importance des ravages.

 

                "Je vis descendre un Homme du ciel, ayant un bâton à mesurer, l'enfoncer sur Spring Street, (rue principale de Jeffersonville) et dire: vingt-deux pieds".

                Ce vieux frère Jim Wisehard, Sandy Davis et les autres se moquèrent de moi. Ils me répliquèrent: "Oh Billy, en 1884 il n'y a eu que six pouces sur Spring Street. Tu es juste un peu énervé".

                Je répondis: "Je ne suis pas énervé, c'est AINSI DIT LE SEIGNEUR". (5)

                Les gens dirent: "Tu es fou, tu as perdu la tête!".

                Quand je leur annonçai cela, là-bas à la compagnie Falls City Transfer, ils me dirent: "Ah Billy, va te promener ailleurs". Mais moins de six semaines après, il fut mesuré vingt-deux pieds par-dessus Spring Street, exactement comme cela m'avait été dit. (6)

 

 

                Comme l'eau commençait à se déverser dans les rues, une annonce fut faite enjoignant à chacun de fuir. Il semblait que Jeffersonville allait être effacé de la carte. Malgré l'avertissement, les gens restèrent alors que l'eau continuait de monter et menacer la ville.

                Frère Branham travaillait avec une équipe de secours, d'abord pour tenter de retenir la force des eaux, mais vers minuit, ce qu'on redoutait le plus arriva. La famille Branham et des milliers d'autres furent obligés de fuir pour sauver leur vie. Hope Branham, étant déjà sérieusement malade d'une infection aux bronches, fut transportée dans un hôpital de secours aménagé par le Gouvernement sur un lieu élevé. Les deux bébés furent aussi hospitalisés, atteints de pneumonie à cause du mauvais temps.

                Malgré que frère Branham eut désiré assister les siens, il fut rappelé d'urgence auprès de son équipe de secours. Laissons-le lui-même nous raconter.

 

                J'étais en patrouille à cette époque et j'essayais de faire de mon mieux pour sortir les gens de cette inondation qui renversait les maisons. Et ma propre femme tomba malade, elle fut très malade d'une pneumonie. L'hôpital habituel était si plein qu'ils ne purent l'admettre. Aussi, nous l'amenâmes à l'hôpital du Gouvernement où il y avait une place. Et alors on me rappela à l'extérieur. J'avais toujours vécu sur la rivière, j'étais presque un batelier.

                Ils m'appelèrent, disant: "Il y a une maison sur la rue Chesnut qui est sur le point de s'écrouler. Il y a là une mère et un groupe d'enfants. Si vous pensez qu'avec votre bateau et votre moteur vous pouvez les atteindre...".

                Je dis: "Eh bien, je ferai tout ce que je pourrai".

                Et je mis plein gaz, et finalement j'arrivai près de l'endroit où se trouvait la vieille digue, par où l'eau s'échappait. Et j'entendis quelqu'un crier, et je vis une mère se tenant sous le porche d'une maison branlante, de grandes vagues se brisant contre elle. Alors j'avançai dans cette direction aussi loin que je le pus, je pris le courant et je revins. J'arrêtai mon bateau juste le temps de pouvoir l'attacher au pilier de ce porche. Je courus à l'intérieur et saisis la mère et je la mis dans le bateau avec deux ou trois enfants. Je pris le chemin du retour, environ deux kilomètres à travers la ville, jusqu'à ce que je puisse atteindre le rivage. Elle s'était évanouie, et quand j'arrivai là, elle se mit à crier: "Mon bébé! Mon bébé!".

                Je pensais qu'elle voulait dire qu'elle avait laissé le bébé dans la maison. Oh là là! Je repartis pendant qu'ils essayaient de s'occuper d'elle. Et quand j'eus pénétré de nouveau à l'intérieur de la maison, je ne trouvai pas de bébé. Je découvris plus tard, qu'elle voulait savoir où se trouvait son bébé. C'était un petit garçon d'environ trois ans, et je pensais qu'elle parlait d'un petit bébé.

                Le porche fut emporté et la maison s'écroula. Alors je courus très vite pour saisir le morceau de bois auquel était attaché mon bateau, je montai dans le bateau et le détachai. Et cela m'entraîna dans le courant de la rivière principale. Et alors il était environ 1 heure du matin et il pleuvait et neigeait. J'essayai alors de démarrer le moteur, mais il ne voulait pas partir, et j'essayai à nouveau. Je continuais d'avancer dans le courant et les chutes étaient juste un peu plus bas. Et j'essayai très fort et pensais: "Oh là là! C'est ma fin, ça l'est assurément". J'essayai très fort, et dis: "Seigneur, ne me laisse pas mourir de cette façon, s'il Te plaît". Et je tirai et tirai.

                Cela me revint: "Qu'en est-il de ce rebut où tu ne voulais pas aller?".

                Je posai ma main sur le bateau et dis: "Dieu, sois miséricordieux envers moi. Ne me laisse pas quitter ma femme et mon bébé comme cela, ils sont là-bas malades. S'il-Te-plaît!". Et je continuai à tirer et il ne voulait pas partir. Et je pouvais entendre plus bas le rugissement. Seulement quelques minutes et j'y serai. Je m'agenouillai dans ce bateau, le grésil me fouettait le visage, je dis: "Seigneur, si Tu veux me pardonner, je ferai tout ce que Tu veux que je fasse". Je tirai encore et il démarra. Je mis tous les gaz que je pus et finalement je rejoignis le rivage.

                Et je revins pour trouver le camion de patrouille. Quelques-uns d'entre eux disaient: "L'hôpital du Gouvernement a été emporté". Et je me dirigeai vers l'hôpital du Gouvernement aussi vite que je le pus, l'eau atteignait partout la hauteur de quatre mètres cinquante. Il y avait un major et je dis: "Major, qu'est-il arrivé à l'hôpital?".

                Il répondit: "Ne soyez pas inquiet, vous aviez quelqu'un là?".

                Je dis: "Oui, ma femme malade et mes deux enfants".

                Il dit: "Ils en sont tous sortis. Ils sont dans un train de marchandises et ils ont été dirigés vers Charlestown". (20 km en amont de Jeffersonville). (2)

                Je courus, pris ma voiture et mon bateau derrière. Hélas! un petit torrent avait aussi débordé, recouvrant une surface de 8 km d'une eau rugissante, entre nous et Charlestown, et entraînant les fermes. Je savais que le train devait traverser cet espace. Avait-il pu passer ou avait-il été emporté? Je n'avais aucun moyen de le savoir.

                Pendant quelques temps, je ne sus rien de plus, puis j'appris que le train avait pu passer. Je trouvai un bateau rapide et je voulus remonter les eaux, mais elles étaient trop fortes. Je fus emporté et je dus accoster à Fort Fulton, avec quelques amis.

                Le jour suivant, je traversai les eaux et commençai mes recherches à Charlestown. Personne n'avait entendu parler de l'arrivée d'un train ni ne connaissait une famille Branham.

                Comme je descendais la rue, bien découragé, je rencontrai un vieil ami, Monsieur Hay. Il m'entoura de ses bras et me dit: "Billy, je les retrouverai où qu'ils soient". Je descendis à l'office des télégraphes, pour connaître l'arrivée et le départ du train, mais je ne pus rien savoir. Cela remontait à deux semaines et il y avait eu plusieurs crues. Un mécanicien se tenant près de là dit: "Oh, je me souviens de ce cas, une mère avec deux petits bébés malades. Nous les avons menés à Colombus. Mais il est impossible de s'y rendre, car les eaux ont coupé toutes les communications". Je descendis la rue en pleurant, mon chapeau à la main.

                Soudain, une auto s'arrêta à côté de moi et une voix amie s'écria: "Billy Branham! Monte. Je sais que tu es à la recherche de ta femme et de tes bébés. Ils sont à l'hôpital de Colombus. Ta femme est mourante".

                "Y a-t-il un moyen de m'y rendre?" questionnai-je, désespéré.

                Il répondit: "Je peux t'y conduire, j'ai trouvé un passage peu connu à travers les eaux". Et nous arrivâmes à Colombus cette nuit-là. (4)

                Je courais essayant de savoir où elle était, criant: "Hope! Hope! Hope!". Je regardai et elle leva sa petite main osseuse et me dit: "Billy!".

                Et je courus vers elle et je dis: "Hope, ma chérie".

                Elle me répondit: "j'ai mauvaise mine, n'est-ce pas?".

                Je dis: "Non, chérie, tu as l'air très bien". (2)

                Je lui demandai des nouvelles des bébés. Tous les deux étaient bien malades et se trouvaient dans la maison de sa mère. Je m'agenouillai près de son lit. Je priai du mieux que je pus, mais apparemment sans effet. Il n'y eut aucune réponse et son état empira.

                Je revins à la maison et je la nettoyai de mon mieux des débris de l'inondation. Je voulais la rendre aussi confortable que possible, le Dr Adair m'ayant dit que je pourrais y ramener ma femme et mes enfants. J'avais fait tous mes efforts pour les sauver et demandai un spécialiste de Louisville. Tout fut inutile, ils étaient trop malades. (4)

                Pendant six mois environ nous fîmes tout ce que nous pûmes pour essayer de lui sauver la vie, mais elle allait en s'affaiblissant de plus en plus.

                Je devais travailler. Nous étions en dette de centaines de dollars de frais médicaux et nous n'avions rien pour payer. Et il fallait absolument que je travaille pour cela. Je la voyais deux ou trois fois par jour, et puis chaque nuit, quand elle était dans cet état.

                Un jour que j'étais en patrouille, et que j'avais ma radio en marche, je crus les entendre faire un appel à la radio: "William Branham est appelé d'urgence à l'hôpital, sa femme est mourante". Je mis la lumière rouge et la sirène en marche et me hâtai le plus possible. (2)

                La première personne que je vis fut mon jeune ami, le Dr Adair. Nous étions comme deux frères et je compris, en le voyant, que les nouvelles étaient mauvaises. Je lui dis: "Je crains qu'elle ne soit morte!".

                Il se couvrit la face et passa dans une petite antichambre. Je luttai pour garder mon sang-froid. Je plaidai: "Viens avec moi".

                "Je ne peux pas" répondit-il, "elle était comme une soeur pour moi. Je ne peux pas y retourner, Billy".

                "J'irai donc seul".

                Il appela une infirmière pour m'accompagner. En voyant Hope, je compris qu'effectivement elle s'en allait. Le drap était tiré sur son visage; elle n'était plus que l'ombre d'elle-même, si mince et si pâle. Je la pris dans mes bras et la secouai en criant: "Chérie, réponds-moi! O Dieu! permets qu'elle me parle encore une fois".

                Elle était sur le point d'expirer quand, soudain, elle se tourna vers moi et me regarda. Elle ouvrit ses grands yeux bruns si doux et voulut soulever ses bras pour me recevoir, mais elle était trop faible. Aussi, je m'approchai d'elle, car je compris qu'elle voulait me parler. Ce qu'elle me dit alors restera gravé en moi jusqu'à ce que je la retrouve. Voici ses paroles:

                "J'étais presque à la maison, pourquoi m'as-tu rappelée?". Je lui dis que je n'étais pas conscient d'avoir interrompu quoi que ce soit. Alors elle commença à me raconter comment était le paradis d'où je l'avais rappelée... Il y avait de beaux arbres, des fleurs, les oiseaux chantaient et nulle douleur dans son corps... Un moment je pensai que j'aurais mieux fait de ne pas l'avoir fait revenir. Mais que Dieu bénisse son coeur, elle en jouit maintenant depuis longtemps. Elle ne survécut que quelques instants, juste assez pour me raconter comment les anges la portaient au ciel lorsqu'elle entendit mon appel à une grande distance. Mes amis, il y a un pays, au-delà du fleuve, et nous nous y rendons. Elle me décrivit la beauté du ciel et me dit: "Mon chéri, tu as prêché là-dessus et tu en as parlé, mais tu ne peux savoir combien c'est glorieux!". Elle désirait y retourner. Elle me demanda de ne pas rester seul, mais de me remarier avec une bonne jeune chrétienne, remplie de l'Esprit de Dieu, et qui prendrait soin des enfants. Je ne désirais pas faire cela, mais finalement je le lui promis pour lui faire plaisir.

                Elle me parla encore de divers petits incidents de notre vie commune. Elle me confia aussi avoir économisé, sou par sou, afin de m'acheter un fusil que je désirais posséder. Il y avait, caché au haut d'un vieux buffet, un dollar soixante-quinze en cinq sous. Plus tard, j'achetai le fusil que je gardai précieusement en souvenir d'elle et que je donnerai à mon fils.

                Quelques minutes plus tard, elle dit faiblement: "Je pars de l'autre côté maintenant".

                "Ne parle pas ainsi" suppliai-je.

                "Je ne crains pas de partir maintenant depuis que j'ai vu combien c'est merveilleux là-haut".

                "T'en vas-tu réellement là-haut?" demandai-je en pleurant.

                Elle me regarda dans les yeux: "Me promets-tu de prêcher toujours le merveilleux Évangile?". Je le lui promis.

                Elle dit: "Bill, Dieu va t'employer. Ne pense pas que je sois hors de moi-même. (4) Billy, je vais te dire notre erreur".

                Je m'agenouillai, pris sa main. Elle dit: "Tu sais où est notre faute?".

                Et je dis: "Oui, chérie, je sais".

                Elle dit: "Nous n'aurions jamais dû écouter maman. Ces gens avaient raison".

                Et je dis: "Je le sais".

                Elle dit: "Promets-moi ceci, que tu iras vers ces gens-là, parce qu'ils ont raison. Elève mes enfants comme cela". (1)

                Elle continua: "Tu as été un bon mari". une jeune infirmière se tenait non loin de nous. Elle lui dit: "J'espère que, comme moi, vous aurez aussi un bon mari". Cela me déchirait le coeur, mais je devais me contenir pour l'amour d'elle. Je tentai de sourire et je lui dis: "Si tu t'en vas, nous t'enterrerons à Walnut Ridge, jusqu'à ce que Jésus revienne. Et si je meurs avant ce jour, je serai probablement là, sinon quelque part sur le champ de bataille".

                Comme les doux yeux bruns devenaient lointains, je continuai: "Quand tu te lèveras dans la nouvelle Jérusalem... regarde du côté droit de la porte et appelle-moi par mon nom... Quand tu verras Abraham, Isaac, Jacob, Paul, Etienne et tous les autres venir, je serai là, chérie". Elle m'attira à elle et me donna un baiser d'adieu, puis elle partit pour être avec Dieu. Et depuis, je lutte toujours, travaillant et m'efforçant de tenir cette promesse.

                Lorsqu'elle fut partie, je retournai à la maison auprès des bébés. Sans arrêt, je cherchais un apaisement. J'allai vers ma mère... puis je retournai dans notre maison. Nulle part je ne pouvais trouver de repos. Plusieurs parmi vous ont expérimenté cela. Finalement, j'allai me coucher, essayant de dormir. Quelqu'un frappa à la porte. Je me dis: "Qu'est-ce maintenant?";

                Une voix cria: "Billy, votre bébé va mourir". Jamais je n'oublierai cette nuit-là. Je venais de perdre ma femme, et maintenant, c'était ma petite fille.

                Le Dr Sam Adair l'avait examinée. Il ne pouvait rien faire pour elle. Elle était atteinte de méningite cérébro-spinale, contractée de sa mère. Je m'agenouillai auprès du lit et je priai: "O Dieu! ne me reprends pas mon enfant! Je reconnais toute mon erreur lorsque je ne me suis pas libéré de tout pour partir évangéliser". Je crois que le don avait été tout près de se manifester, mais j'avais négligé de partir. Je me jetai par terre, pleurai et priai en demandant à Dieu d'épargner cette vie. Mais il y avait comme un rideau sombre entre le Seigneur et moi. Je me levai pour regarder mon enfant et lui dis: "Sharon, reconnais-tu papa?".

                Je crois vraiment qu'elle se rendait compte que j'étais là. Elle essaya d'agiter ses petites mains et ses lèvres tremblaient comme si elle allait pleurer. C'était tragique; l'agonie était si intense que ses yeux louchaient. Je priai et je lui imposai les mains, mais les anges vinrent un peu plus tard, et portèrent la petite chérie auprès de sa mère.

                Je retournai à la maison, écrasé de douleur. Deux jours plus tard, on enterra l'enfant dans les bras de sa mère. (4)

 

 

Consolation divine

 

 

                Un matin, peu de temps après, je pris le petit Billy avec moi. Il était encore un tout petit enfant. Je dus à la fois être pour lui papa et maman;

                Nous n'avions pas les moyens d'avoir du feu la nuit pour réchauffer son lait, alors je mettais son biberon dans mon dos et la chaleur de mon corps gardait le lait chaud.

                Je me revois, marchant dans la ville, le biberon sous le bras et le petit commençant à pleurer. Un soir, je marchais de long en large depuis le vieux chêne du fond de la cour. Et il pleurait après sa mère et je n'avais pas de mère à qui l'amener.

                Il dit: "Papa, où est maman? L'as-tu mise dans cette terre?".

                Je dis: "Non, chéri, elle est très bien, elle est au ciel".

                Il pleurait, il était assez tard le soir. Je le portais sur mon épaule et le tapotais. Et il me dit: "Papa, s'il te plaît, va chercher maman et ramène-la ici"?

                Je dis: "Chéri, je ne peux pas aller chercher maman. Jésus...".

                "Eh bien" dit-il, "dis à Jésus de m'envoyer ma maman. Je la veux".

                Je dis: "Eh bien chéri, toi et moi, nous la reverrons un jour".

                Il m'interrompit, disant: "Papa!".

                Je dis: "Oui?".

                il me dit: "J'ai vu maman là-haut dans ce nuage".

                Ce fut un tel crève-coeur. Je défaillis presque. Je pressai le petit sur mon coeur et entrai dans la maison.

                Des jours passèrent et je ne pouvais pas oublier cela. J'essayais de travailler. Je ne pouvais pas revenir à la maison, ce n'était plus la maison. Nous n'avions que des meubles en mauvais état, mais c'était quelque chose dont elle et moi avions profité ensemble. C'était notre foyer.

                Je me souviens d'un jour où je travaillais pour le service public. Je devais réparer une ligne secondaire en mauvais état. C'était très tôt le matin. J'escaladais cette croix, j'étais très haut et je chantais "Là-haut sur la colline". Et la ligne principale arrivait au transformateur et repartait par la secondaire. Je vis le soleil se lever derrière moi. Mes mains étendues dessinaient sur la colline la forme de la Croix. Je pensai: "ce sont mes péchés qui l'ont amené là".

                Je dis: "Sharon chérie, papa désire tellement te voir. Combien j'aimerais te tenir à nouveau dans mes bras, toi, petite bien-aimée". Je fus hors de moi-même. Cela faisait plusieurs semaines. C'était du deux mille trois cents volts qui passaient à côté de moi. J'enlevai mon gant de caoutchouc. Je dis: "Dieu, j'ai honte de faire cela, je suis un lâche. Mais Sharon, papa vient te voir et maman aussi dans quelques minutes". Je commençai à enlever ce gant et il se passa quelque chose. Quand je revins à moi, j'étais assis par terre, pleurant les mains posées sur mon visage. C'était la miséricorde de Dieu, c'était Lui, protégeant Son don, pas moi.

                Je serrai mes outils, je m'en retournai et leur dit: "Je m'en vais à la maison".

                Je fis le tour de la maison, il faisait assez froid. Je pris le courrier et entrai. Nous avions une petite pièce et je dormais là sur mon lit de camp. En regardant le courrier, la première chose que je vis, c'étaient ses petites étrennes de Noël, quatre-vingts cents, "Melle Sharon Rose Branham". C'était de nouveau là.

                J'avais été garde-chasse. Je saisis mon pistolet et je dis: "Seigneur, je ne peux pas supporter cela davantage, je vais mourir. Je suis si tourmenté". Je tirai en arrière le chien du pistolet que j'appuyai sur ma tête et je m'agenouillai là près de mon lit dans cette chambre obscure. Je dis: "Notre Père qui es aux cieux! Que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne; que ta volonté soit faite" et alors que j'essayais et pressais cette gâchette aussi fort que je pouvais, je dis: "sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien". Et le coup ne voulait pas partir!

                Et je pensai: "O Dieu veux-tu vraiment me mettre en pièces? Qu'ai-je fait? Tu ne me laisses même pas mourir". Et je jetai par terre le pistolet et le coup partit tirant la balle à travers la pièce. Et je dis: "Dieu, pourquoi ne puis-je pas mourir et en finir? Je ne peux vraiment pas aller plus loin. Tu dois faire quelque chose pour moi". Je m'affaissai sur ma petite couchette sale et me mis à pleurer.

                Et j'ai dû m'endormir. Je ne sais pas si je dormais ou quoi.

                Et je me vis marchant à travers une prairie, chantant ce chant: "Il y a une roue du chariot qui est brisée". Chemin faisant, je remarquai un vieux chariot couvert et la roue était cassée. Comme je m'approchais, je regardai et là se tenait une très belle jeune fille d'environ vingt ans. Elle avait les yeux bleus, des cheveux blonds flottant au vent, et elle était toute vêtue de blanc. Je la regardai et lui dis: "Bonjour mademoiselle", et je continuai.

                Elle dit: "Hello papa".

                Je me retournai et je dis: "papa? Mais mademoiselle, comment puis-je être votre père puisque vous êtes aussi âgée que moi?".

                Elle me dit: "Papa, tu ne sais simplement pas où tu es".

                Et je dis: "Que voulez-vous dire?".

                Elle répondit: "Ici c'est le ciel, sur la terre j'étais ta petite Sharon".

                "Mais" dis-je, "chérie, tu n'étais qu'un tout petit bébé".

                Et elle dit: "Papa, les petits bébés ne sont pas des petits bébés ici. Il sont immortels".

                "Eh bien, Sharon, chérie, tu es une belle jeune fille".

                Elle dit: "Maman t'attend".

                Et je dis: "Où?".

                Elle répondit: "Là-bas dans votre nouvelle maison".

                "Je n'ai jamais eu de maison, chérie".

                "Mais tu en as une ici, papa". Et elle me demanda: "Où est Billy Paul, mon frère?".

                Et je dis: "Eh bien, je l'ai laissé chez Madame Broy il y a quelques minutes".

                Elle me dit: "Maman veut te voir".

                Je me retournai et regardai et il y avait de beaux grands palais et la gloire de Dieu les entourait. J'entendis un choeur angélique chanter: "My home, sweet home". Je commençai à monter un grand escalier, courant aussi vite que je pouvais. Et quand j'arrivai à la porte, elle était là debout, revêtue d'une robe blanche, ses longs cheveux noirs tombant dans son dos. Je lui pris la main et dis: "Chérie, j'ai vu Sharon là-bas, elle est devenue une belle jeune fille, n'est-ce-pas?".

                Elle dit: "Oui, Bill". Elle mit ses bras autour de mes épaules et me dit: "Bill, cesse de te tracasser pour moi et Sharon".

                Je dis: "Chérie, je ne peux m'en empêcher".

                Elle dit: "Maintenant, Sharon et moi, nous sommes mieux que tu ne l'es toi. Ne t'inquiète plus à notre sujet. Veux-tu me le promettre?".

                Et je dis: "Hope, vous me manquez tellement, toi et Sharon, et Billy pleure tout le temps pour toi. Je ne sais que faire avec lui".

                Elle dit: "Tout ira très bien, Bill. Promets-moi seulement de ne plus te tracasser". Et elle dit: "Veux-tu t'asseoir?". Je regardai autour et il y avait une grosse chaise. (2)

                Je regardai le fauteuil et je regardai Hope. Elle sourit et me dit: "Je sais à quoi tu penses". Lorsque nous nous mariâmes, nous avions très peu de meubles. J'avais toujours désiré posséder un fauteuil Morris pour me reposer après mes durs travaux. Un jour, nous en achetâmes un à tempérament mais nous dûmes ensuite le rendre, étant incapables de payer les échéances. Elle reprit: "Celui-ci ne nous sera pas repris. Il est payé. Assieds-toi donc et repose-toi". (4)

                Et elle ajouta: "Tu t'en retournes maintenant. Billy, promets-moi que tu ne t'inquiéteras plus".

                Et je dis: "Je ne peux pas faire cela, Hope".

                Et juste à ce moment, je repris mes sens, il faisait noir dans la chambre. Je regardai autour et je sentis son bras autour de moi. Je dis: "Hope, es-tu ici dans la chambre?".

                Elle commença à me caresser. Elle dit: "Tu vas me faire cette promesse, Bill? Promets-moi que tu ne te tracasseras plus".

                Je dis: "Je te le promets".

                Et elle me tapota encore deux ou trois fois puis elle repartit. Je sautai et allumai la lumière, je regardai partout, elle était partie. Mais elle était partie de la chambre seulement. Elle est encore vivante. (2)

 

 

 

 

 

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(1) - Un prophète visite l'Afrique, Julius Stradsklev, p.15-16.

(2) - L'histoire de ma vie, Los Angeles, 1959.

(3) - Comment l'Ange vint à moi et Sa commission, Chicago, 1955.

(4) - William Branham, Editions Evangéliques, Peseux: NE.

(5) - Apocalypse chapitre 4, Jeffersonville, 1960.

(6) - L'histoire de ma vie, 1951.

 

 

 

 Suite...

 

 

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